Les mondes parallèles

Le monde de la souffrance

Il existe un monde, parallèle au monde des actifs, des biens-portants. Ce monde, c'est celui de la souffrance ; la souffrance physique, celle qui vous rend semblable à une bête, celle qui vous ôte votre humanité.

Quand la souffrance arrive, on pense souvent qu'il suffit de serrer les dents, d'avaler quelques pilules miracles pour que tout cela ne soit qu'un mauvais moment à passer. Quand la souffrance vient d'arriver, on a même l'impression que l'on pourra utiliser cet épisode bref de notre vie pour en retirer une sorte de gloire, une attention accrue de la part de notre environnement, une compassion qui nous constituera un petit nid douillet dans lequel on pourra se réfugier.

Puis la douleur s'installe et plus rien ne la fait céder. A partir de ce moment-là, la souffrance ronge notre vie. On ne peut plus en faire abstraction : elle nous oblige à mesurer chacun des gestes de notre vie quotidienne. S'en est fini de notre liberté : nous ne faisons plus partie du monde des vivants mais de celui des souffrants.

L'incompréhension s'installe aussi. Pour les autres, les biens portants, on s'apitoie sur nous-mêmes, on se centre trop sur notre mal. Ils nous disent : « arrête de regarder ce forum, ces sites internet. Tu te mets le martel en tête. Tu ne t'en sortiras jamais si tu ne te préoccupes que de ta maladie. » Mais comment pourraient-ils comprendre que l'on veut de toutes nos forces s'abstraire de ce mal qui nous ronge mais que sans cesse, la souffrance physique nous ramène à lui.

Les parents, les amis sont lassés de ne pas pouvoir nous retrouver tels qu'ils nous ont toujours connus. Ils voudraient bien qu'on les plaigne eux aussi pour leurs petits maux du quotidien. Mais la souffrance assèche les c½urs...

Les seuls avec qui l'on peut compatir sont ceux qui souffrent d'un mal semblable au notre. Le mal a envahi notre vie. Il nous oblige à nous réfugier dans une communauté de « souffrants ». Depuis que je souffre, je sens le décalage se creuser entre le monde dans lequel j'évolue et celui dans lequel évolue mon entourage. Il n'y a pas un seul monde. Le monde de la souffrance est différent du monde des vivants. Il n'y a que dans cette communauté virtuelle, dans ce monde parallèle, que nous, réduits par la souffrance à l'état d'animaux, pouvons encore ressembler à des êtres humains.

Mari-Morgane
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# Enviado el jueves 18 de octubre de 2007 19:28

En hommage à ma sciatique ;-)

"Le dos ne se brise pas parce qu'il s'incline." (Aménémopé)

"Nous avons les défauts d'autrui dans l'oeil et les nôtres dans le dos." (Sénèque)

"La pierre est un dos fait pour porter le temps." (Federico Garcia Lorca)

"Celui-là qui veut péter plus haut qu'il n'a le cul doit d'abord se faire un trou dans le dos." (François Rabelais)

En hommage à ma sciatique ;-)

# Enviado el viernes 07 de septiembre de 2007 17:36

Modificado el sábado 08 de septiembre de 2007 00:53

Un poème magnifique !!!

Un poème magnifique !!!
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse

Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abîmé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

Jacques Prévert

# Enviado el viernes 11 de mayo de 2007 18:04

Pour mon merle blanc, qui m'accompagne à chaque instant...

Pour mon merle blanc, qui m'accompagne à chaque instant...
L'absence n'est-elle pas, pour qui aime, la plus certaine, la plus efficace, la plus vivace, la plus indestructible, la plus fidèle des présences ?
Marcel Proust

# Enviado el lunes 12 de febrero de 2007 16:01

Avant toi, je ne vivais pas, je ne faisais que subsister...

Par la caresse nous sortons de notre enfance mais un seul mot d'amour et c'est notre naissance.
Paul Eluard
Avant toi, je ne vivais pas, je ne faisais que subsister...

# Enviado el sábado 10 de febrero de 2007 16:47